Symphonie en rêne majeure…

Depuis une bonne semaine, une jolie jument alezan est venue se joindre à nous.

Symphonie domine Pépito et Polisson

Elle est élégante, sensible, réactive, mais pour autant bien dans ses sabots dans son comportement avec les autres chevaux.
Elle est là pour une petite quinzaine de jours, pour deux raisons.
D’une part, la redécouverte de l’équitation éthologique afin qu’elle et ses deux cavalières puissent communiquer plus en finesse, et qu’elles puissent agrandir leurs possibilités de jeux avec elle, avec en espoir à peine voilé que cela la pose un peu lorsqu’elle s’inquiète de choses et d’autres (hé oui, sensibilité rime souvent avec difficultés).
D’autre part, la continuité des recherches concernant l’amélioration de son départ au galop.

Cette jolie et généreuse jument, avant d’arriver dans l’excellente écurie où œuvre Céline Fouquet il y a deux ans, en était arrivée à un point de rétivité rare.
En effet, elle ne pouvait pas faire une transition montante (passer d’une allure à une allure supérieure) sans se braquer. Avouez que c’est ennuyeux tout de même… Vous voulez partir au trot? Zou, v’la la tête de la jument qui monte si fort que vous ne voyez même plus le paysage autour! (comme Sid qui est toujours devant le regard de Manny!).
En vrai, ça donne ceci, ou encore cela
Ben croyez-moi, quand on monte un cheval qui fait ça, si on ne sait pas faire l’arrêt d’urgence, ça fiche un peu les chocottes! Plus de frein, plus de direction… Brrrr… Et si tu tires plus fort quand même, tu ramènes la tête du cheval dans la tienne, zou, fracture nu nez. Ou alors le cheval se cabre, ce qui n’est guère plus sécuritaire.

Les personnes qui conseillaient ces cavalières à l’époque, ont d’abors proposé divers enrênements et/ou des mains bloquées en bas qui tiennent bien fort les rênes. Devant les échecs successifs voire les régressions permanentes, ils ont fini par leur dire de vendre la jument. Booon… Une belle preuve d’incompétence technique et de fermeture. Il aurait été tout à leur honneur de suggérer directement d’aller voir d’autres pro plutôt que d’en arriver à une telle idiotie!

Heureusement, les cavalières de Symphonie, bien que désespérées des régressions constantes de leur jument, n’ont pas baissé les bras: elles ont préféré changer de lieux.
Elles sont arrivées à l’Ecurie où travaille Céline Fouquet, instructrice de l’Ecole de Légèreté.
Bien leur en a pris!
Désormais (deux ans plus tard), la jument part au trot et trotte normalement. Et elle a fait de nets progrès pour le galop.
Deux ans de dégradations avant, puis deux ans d’améliorations chez Céline, on arrive presque à l’équilibre!
Cependant, elle passe vite au-dessus de la main certains jours plus que d’autres, elle négocie encore sur le fait que ce soit en ligne droite ou en cercle, elle discute l’action de la rêne intérieure, se jette volontiers sur son épaule gauche et se fâche parce-que ça inquiète un peu ses cavalières (d’un autre côté, quand ça penche trop fort, oreilles plaquées et à fond, ça donne pas trop trop envie non plus, hein…). Bref, elle est un poil compliquée…

Alors voilà. L’objectif principal ne me semble – lui – pas très compliqué (ça en fait au moins un).
Le plus gros a été fait.
Il s’agit d’aider au retour complet de confiance réciproque entre ces cavalières et Symphonie.
Elles ont des routines de stress les unes envers l’autre, c’est logique. Des années de galère ne s’effacent pas seulement avec de la bonne volonté.
Du coup, on travaille tout simplement la gestuelle des bras en toutes circonstances, l’efficacité de l’action de la main, la capacité à céder au plus vite en se relâchant.
Ce n’est pas très académique, ce n’est pas une équitation beeeelle ni aboutie, c’est un palier, un de plus, qui va ramener tout ce petit monde vers un fonctionnement normal. Enfin, je le pense très fort.

Pour le moment, tout se déroule à merveille.
C’est presque trop simple, je me demande toujours si elle n’a pas une feinte planquée quelque part…
Les améliorations sont là, sans être spectaculaires (non Symphonie ne part pas du pas au galop dans la rectitude et la mise en main, loin s’en faut).
Les cavalières ont des mains plus efficaces, plus rapides, plus exigeantes. Elles osent: elles ont l’arrêt d’urgence comme solution de repli.
La jument teste un peu toutes ses défenses mais se heurte à une demande claire et obstinée de la main, et devant autant de calme et de persévérance, elle finit par céder.
Elles ont donc réussi plusieurs départs au galop. Pas encore de longs moments de galop, ça non…
Oui, couchée sur le cercle, sans la moindre réelle direction possible, et oui, avec des rênes en guirlandes et une seule rêne qui agit ponctuellement. Oui pour l’arrêter elles ont utilisé l’arrêt d’urgence (bénie soit cette invention) à laquelle la jument a été formée préalablement, et pas une belle action à deux rênes sur une jument en place et sur les hanches.
C’est un premier pas: elle ne pense plus systématiquement à mettre son encolure à la retourne, et se focalise sur les demandes d’une seule main (c’est assez à gérer déjà comme ça) au lieu de penser ouh-là-là-aux-abris-c’est-du-galop.

Je suis impatiente de connaître la suite de cette histoire…
Symphonie est vraiment très attachante, elle est de bonne volonté, angoissée dès que la communication est coupée (souvent de son fait d’ailleurs, et pas forcément parce-que les rênes sont lâches ou tendues), complètement déconnectée dès que les demandes/actions se durcissent et se figent, alors qu’elle est plus à l’écoute si les demandes sont fermes, adaptables et variées. Je pense qu’elle nous a clairement établi son programme de travail à court terme 🙂

En plus, avec pareil affixe, Symphonie de Plaisir, cela ne nous promet que de belles choses!

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