Ubac se débloque doucement

Voici bientôt un an qu’Ubac et Tara sont arrivés.
Tara s’est laissée rapidement débourrer malgré son manque de connaissance des humains.
Ubac lui, tout en ayant l’air de mourir d’envie d’apprendre et trouver la sérénité en notre présence, s’est toujours laissé gagné par cette terreur incontrôlable de l’animal qui veut sauver sa vie… lors de situations pourtant ‘banales’ à mes yeux: en général quand je lui demandais de prolonger ou reproduire un exercice déjà couramment exécuté.

Hé bien une nouvelle limite vient de tomber. Ubac qui considérait jusqu’alors que le galop était dédié au jeu ou à la fuite vitale, vient enfin d’accepter de l’utiliser – brièvement, certes, mais de façon répétée – différemment.
Sur deux séances différentes, j’ai demandé au petit bonhomme de me rejoindre au galop depuis le bout de la carrière, ce qu’il a fait volontiers, comme d’habitude. Je lui ai aussi demandé de prendre le galop alors qu’il trottait à mes côtés, et il l’a fait, en fuyant, comme d’habitude. Ce qui sonne en général le glas de la séance: cette fuite le met émotionnellement dans un tel état qu’il est paniqué et épuisé, et dès lors plus aucune de mes demandes ne trouve d’écho en lui… La confiance est brisée, mais je ne sais pourquoi.

Mais cette fois, dès le début de sa fuite, je ne me suis pas arrêtée dépitée ou anxieuse ni n’ai fait volte-face (ce afin de lui ôter toute pression). Non, j’ai continué à courir comme si l’on était encore en jeu malgré sa désertion notoire, en amorçant un virage doux et non un demi-tour. Je pouvais presque entendre son cœur paniquer (à plus de 15m de lui), et à la dérobée, j’ai noté dans son regard toute la transition de l’anxiété, à l’interrogation, puis un retour à la joie incrédule. Cette transition n’a pas pris une seconde. Il a repris le galop (au lieu de se tétaniser immobile face à moi) et m’a rejoint, encore inquiet mais au galop!
A la deuxième tentative, il s’en est suivi une salve de ruades et sauts de mouton, mais je lisais encore dans son œil la crainte que tout bascule…
Comme si je ne sais quel geste de ma part était en cause! :-/
Alors que moi je sais bien que c’est lui qui disjoncte 😉
Enfin bref, ce genre de regard qui remet en jeu toutes les certitudes que l’on peut avoir sur l’origine de l’œuf et de la poule 🙂
Si seulement j’avais pu comprendre ce qui crée cela en lui…
A la troisième demande de prise de galop à mes côtés, sa fuite dans le départ au galop s’est amorcée mais transformée avant qu’il ne panique, et il est venu me rejoindre et me dépasser au galop, à moins de 5m de moi!
Nous sommes rentrés là-dessus, j’avais cette formidable sensation de bonheur et de reconnaissance vissée au cœur…

Lors de la deuxième séance, j’ai demandé à Ubac de prendre le galop à mes côtés et il m’a plantée comme une vieille chaussette trouée. Si. Il s’est barré dans un galop endiablé, joyeux, à l’autre bout de la carrière.
C’est toujours mieux qu’un galop paniqué me direz-vous.
Mais c’était très vexant quand même: en effet, j’imaginais qu’une osmose allait naître comme par magie dès le premier essai.

Ah oui! Môssieur le prend sur ce ton! Alors j’ai couru seule dans mon coin. Ce n’est un sale gosse: il n’a pas pu résister, il est arrivé dans un cataclop badaboumesque, et m’a fait toute une sarabande de figures non cataloguées dans les livres.
Assez rapidement, j’ai réussi à lui faire prendre le galop à mes côtés et à ne pas trop s’éloigner tout en conservant le galop. Plusieurs fois. A chaque fois, il m’est passé un peu devant, mais j’ai amorcé une courbe, il l’a amorcée aussi, et cela ressemblait presque à une séance de longe…
Quel sentiment de joie que de le voir enfin serein au galop à mes côtés! 🙂

On n’y est pas, au débourrage, mais on s’en rapproche, ça oui, on s’en rapproche…

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