Troisième stage avec M. Philippe Karl: première leçon

Tandis que les bénévoles du club subissaient quatre jours de tourmente au poney-club, sous des vents violents,
nous avons eu le bonheur de vivre notre troisième stage au rythme de la verve de M. Philippe Karl, sous un climat clément voire fort doux pour un mois de Mars.
MM. Jevaudan et Belaud nous ont par ailleurs fait l’honneur de leur présence tout au long de cette formation exceptionnelle.

Avant le premier cours

Du fait d’une entorse du genou suivie de l’opération du ménisque, je me suis plus appliquée de glace à l’étude de la théorie qu’à celle de la pratique.
J’ai pu me concentrer sur la notion qui me manquait totalement: “La tension des rênes se fait par l’ouverture de l’angle tête-encolure, autrement dit l’ouverture de la nuque.”
J’ai aussi réussi à dégager, des séances précédemment filmées d’Éclipse, deux objectifs: “Que ce soit enfin moi, et non plus elle, qui décide du relèvement de l’encolure” et que nous puissions évoluer au pas “Douuucement”.

Alors, dès que j’ai pu approcher Eclipse sans me mettre en danger,  je ne me suis appliquée qu’à ça à pied puis quelques fois en selle quand cela a été possible.
Être têtue comme une mule, dix mules, voire vingt mules avait dit M. Karl. Oh ça oui, je l’ai été…

Fort heureusement, j’ai une jument exceptionnelle (quoi?! vous ne le saviez pas?! incroyable!!).
Ce ne fut pas une progression sur quelques mois, mais sur quelques jours, donc il m’a fallu œuvrer pour expliquer que non, on ne reviendrait pas à ce que je lui avais pourtant inculqué patiemment ces dernières années.
Ouh là, ça n’a cependant pas été facile. Durant toute la phase de recherche de sa part, j’ai perdu la direction assistée, j’ai perdu son attention, j’ai gagné des kilo de poids dans les mains de sa part, j’ai perdu le frein, autant que l’accélérateur, j’ai retrouvé le refus du contact, j’ai aussi eu droit à du pas espagnol rageur, tout-ça tout-ça, selon les moments, selon les jours, selon…
J’ai retrouvé les réponses voulues ou éliminé les indésirables, pas à pas, bien qu’inquiète du fait de mon inexpérience et du peu de temps qu’il me restait, mais tellement certaine d’avoir la jument capable d’encaisser cette intransigeance de dernière minute après des mois de repos. 🙂

La première leçon

La séance… a été un peu difficile pour moi. :mrgreen:
Je me suis sentie toute rouillée, aussi à l’aise qu’un enfant débutant sur un shetland énergique… à peu près aussi décontractée que sur un manège de fête foraine, toujours en retard par rapport à la jument, donc aussi décontractante pour elle qu’un vieux marteau piqueur… 😮
Mais aussi terrorisée à l’idée que le genou me lâche, décontenancée par chaque rappel à l’ordre que ledit genou me lançait sous les secousses, du coup toujours avec un wagon de retard sur les recommandations de M. Karl. 😯
Situation globale tout à fait inconfortable et extraordinairement frustrante.

Mais quelle joie de découvrir qu’Éclipse avait tout retenu de ces derniers jours, et était en plus – elle – capable de tenir la distance… J’ai passé la séance à m’émerveiller de voir sa bonne volonté, son désir de tendre ces rênes juste pour le plaisir de me donner la bonne réponse de la saison, où et comment que ces rênes soient placées… Oh bien sûr, je m’y prenais mal, ou trop tard, le retour des sensations étaient partiellement erroné, donc elle n’était pas stable dans son attitude, etc. Peu importe, elle avait encaissé mes dernières lubies et y avait favorablement répondu malgré mes ordres sans doute confus et rigides.

Je vous fais la bande sonore de cette séance: “Vos rênes sont mollasses, on ne peut obtenir des choses précises avec des demandes inconsistantes” mais aussi celle que j’ai préférée: “Ce sont tous les petits détails qui feront la réussite de votre équitation: si vous faites à peu près quelquechose à peu près quelquepart, c’est du à peu près rien.”
Boooon. Ben ça au moins, c’est dit!
Une chose est sûre, on était malgré tout loin de l’entente du couple de danseurs, Eclipse et moi…

Mais ne vous méprenez pas sur mes propos, si M. Karl note sans faillir ce qui cloche globalement (en nous faisant une magnifique démonstration de sons de cloche, sensus stricto, le cas échéant! 🙄 ) ainsi que les petits moments d’égarement, de flottement, il note pareillement avec autant de conviction ce qui va bien. 😉

Au sortir du manège, M. Jevaudan vient me faire la bise. 😕 Et l’explication arrive: “C’est de la part de Colline.”
Oh, la belle surprise, Colline… La propriétaire de Tango! Qui prend maintenant quand elle le peut des cours avec M. Jevaudan… Génial!

Les cavaliers se succèdent dans le manège, tout au long de la journée, et nous observons les évolutions de chacun au gré des interventions de M. Karl, apprenant petit à petit comment s’organisent les apprentissages de tel ou tel type de cheval (avec tel ou tel type de cavalier sur le dos, il va sans dire).
Chaque cavalier arrive dans le manège pour échauffer son cheval tandis que le précédent couple entame le dernier quart d’heure de la séance.

Le soir, je ne pose presque plus le pied par-terre tant les sensations données par mon genou sont bizarres.

(à suivre)

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2 pensées à propos de “Troisième stage avec M. Philippe Karl: première leçon

  1. 🙂
    Oui, je l’ai fait, mais je n’en ai pas mené large dans les jours précédent le stage, je peux t’assurer que je me voyais en train d’annuler la monte… Et ça me rendait… 👿
    Il a fallu la force de persuasion de Pascale pour que je ne jette pas l’éponge. Sans regret!!!

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