Avoir son cheval (le retour)

Vous avez bien lu attentivement le précédent article? Lu, enregistré, montré à votre entourage, lu encore…
Si ce n’est pas le cas, cliquez d’abord là: Avoir son cheval, ce qu’il faut savoir avant tout.
Cependant, vous avez quand même réussi à convaincre votre famille que c’était exactement ça que vous vouliez: un cheval et tout son cortège de contraintes…

Ok. Qu’on soit bien clairs: vous ne savez pas raison garder, ce n’est pas bien… 🙄
Bienvenue au club.
Maintenant, nous pouvons passer à la suite.
Avoir son cheval entraine, nous l’avons vu, contraintes, déceptions, accidents, galères en tous genres, dépenses en tous genres (physiques, mentales, financières, familiales, emploi du temps…).

Et pourtant, avez-vous noté qu’il y a encore des gens pour acheter des chevaux?
Alors? Qui sont-ils?

  • Des inconscients récalcitrants à toute explication, qui découvriront uniquement par eux-mêmes que tous les sujets abordés sont vrais et revendront leur cheval dans quelques années. Pfff, c’était bien la peine… 🙁
  • Des gens qui n’ont que faire de garder leur cheval à vie (mais ils ne sont pas en train de lire cet article, ou bien ils vont bientôt fermer ce site en nous traitant d’extrémistes, c’est qu’un animal après tout!), il leur faut un animal ‘fonctionnel’, c’est tout.
  • Des gens qui ont vraiment de l’espace (ça ôte les trois quarts des contraintes!)
  • Des passionnés qui ont bien compris – enfin, pas encore vraiment – à quel point il y aurait parfois des galères, mais qui sont prêts à assumer vaille que vaille.
  • Un autre type d’inconscients récalcitrants à toute morale mais qui, ceux-là, une fois entrés dans le monde du cheval, n’abandonneront pas leur doudou au premier ennui venu et tiendront bon vaille que vaille pour le garder.

Ce sont les dernières catégories à qui ce texte s’adresse…

Mais il ne faudra jamais, JAMAIS oublier, quel que soit votre investissement, que vous passez avant votre cheval, que si vous ne pouvez le garder, l’important est de bien le placer, pas de vous mettre en danger pour lui.

Y a-t-il des bons côtés dans le fait d’être propriétaire?

Oui, malheureusement.

D’un point de vue social, la relation au cheval, c’est…
Une relation hors norme, qui nécessite une compréhension profonde de cet animal qui peut obéir comme un chien sans jamais se soumettre. Et qui fait grandir dans sa relation aux autres humains. Qui rend capable d’écouter sans juger.
Une humilité sans commune mesure.
Un profond sens du devoir, de l’effort, du don de soi sans espoir de retour.

Le cheval, ce sont des bonheurs simples comme:
Des joies incommensurables quand notre cheval nous reconnait, et manifeste cela d’un coup d’œil accompagné d’une respiration plus sereine, voire d’un regard plus appuyé, voire d’un frémissement de naseau. Ce n’est pas donné à tout le monde, d’être pour un cheval celui qui apporte sérénité et/ou joie.
Une satisfaction inégalable quand on a réussi à se faire comprendre de cet être pour le moins étrange, et surtout s’il vient de nous répondre avec franchise dans le calme.
Une fierté sans pareille quand on vient de nouer un peu plus le lien, qui nous donne un sourire niais, le regard brillant dans le vague, le cœur gonflé d’amour et de reconnaissance (si, hé, ho, je sais de quoi je parle, hein).
Le plaisir tout bête de le regarder manger des heures durant, ce bruit régulier de la mastication, qui ne s’interrompt que lorsqu’il a besoin de dormir ou de guetter au loin.
Le plaisir tout bête de deviner ce qu’il guette, et de deviner si cela va créer chez lui de l’émotion ou pas.
Le plaisir tout bête de le regarder dormir, avachi de toute sa grosse masse, et la surprise de le trouver là, fragile, à rêver; imaginer ce qui se passe dans son rêve selon ce qui tressaille ou soubresaute de son corps… parfois surprendre l’amorce d’un hennissement, un galop effréné, une dispute, un combat contre les mouches, ou bien sûr, une mastication appliquée… 😀
Sentir le souffle chaud sur nos mains.
Sentir cette odeur caractéristique, toucher sa peau chaude ou enfoncer les doigts dans son pelage…
Au loin, entendre un hennissement et savoir que c’est le sien, savoir à son intensité son degré d’inquiétude ou de joie.

Ce sont aussi des plaisirs extraordinaires comme:
Le sentiment d’être responsable d’un autre, sans crainte de son jugement (vrai pour tout animal que l’on adopte).
La liberté (si, quand même, une balade avec son cheval, ça c’est de l’évasion! un vrai lavage de cerveau).
La toute-puissance, l’invincibilité (si, hé, ho, je sais de quoi je parle, hein).
Notre vulnérabilité mise à la merci de son instinct et de son éducation, de sa puissance et, on prie pour ça du moins, de son self-control.
Se porter garant de sa bonne éducation en le présentant aux personnes qui comptent pour nous, et faire en sorte qu’il ne soit pas dangereux pour elles; elles qui ne peuvent imaginer ce que cet animal porte de sauvage encore en lui.
Ressentir toute sa tension musculaire, toute sa puissance contenue quand il s’inquiète, être capable de lui transmettre du calme.
Réussir à le contrôler malgré ses réactions excessives; ou être admiratif devant sa fuite fougueuse, s’il nous a échappé… 😈
Réussir à se sortir de mauvais pas grâce à notre réactivité, grâce aussi au travail préalablement effectué avec lui, parfois grâce à lui…

Plus pragmatiquement, être propriétaire, c’est aussi pouvoir l’emmener en cas de déménagement, c’est pouvoir décider des meilleurs soins pour lui, c’est choisir la méthode éducative qui lui convient le mieux, les couleurs de tapis et de licol les plus kitch, éventuellement les cavaliers qui en sont dignes si on veut partager, les contraintes de vie qu’il supporte le mieux, etc. sans être tributaire des décisions des autres.

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8 pensées à propos de “Avoir son cheval (le retour)

  1. Je rajouterai, pour ceux qui randonnent:
    Le plaisir de se réveiller avec son cheval a coté qui veille pendant que nous, on dormait (si si, mon âne est toujours debout de l’autre cité de la clôture quand je me réveille).
    La fierté de voir que face à un ennemie ô combien terrifiant (des vaches, une poubelle, un arroseur automatique, un papillon…), l’équidé nous fait suffisamment confiance pour passer quand même.
    La confiance mutuelle qui s’installe (« bon, Doudou, j’ai de la fièvre et je ne tiens plus debout, alors tu fais tout tout seul comme un grand aujourd’hui ») quand on sait que effectivement on peux compter sur eux.
    La communication qui s’instaure malgré la différence de langage (Mon âne sait très bien demander à gouter le sandwich que je mange).
    Les preuves de confiance et d’affection toute bête qui font fondre les propriétaires sous le regard narquois des gens extérieurs (ohhhh mon âne se laisse allonger de tout son long la tête sur mes genoux :mrgreen: ) (La mule a posée sa tête sur mon épaule pour faire un câlin!!!!!)

    Et ça, ça vaut tout les moments de stresse, autre peur panique ou simple coup de colère, quand le cheval boite et qu’il faut s’arrêter,qu’il faut faire une piqure d’anti-inflammatoire de nuit après le diner que le cheval s’en engagé sur la dalle rocheuse et qu’il ne veut plus ni avancer, ni faire demi-tour, qu’il ne bouge pas allongé de tout son long alors j’ai des doutes sur l’herbe qu’il a mangé (en fait il dormait juste trèèèès profondément). Ou juste au la mule s’est permis de manger NOS sandwichs pendant qu’on refermais des sacoches.

  2. Voir sa tête toute bizarre sous les grattouilles, puis sa lèvre supérieure se tendre, puis l’encolure s’étirer en tous sens… Un grooming que même les autres chevaux ne peuvent faire aussi bien, dans des endroits difficiles d’accès… 😀

  3. 🙁

    Pour les plaques de poils qui s’en vont bizarrement et qui font que peu de temps après, tu te retrouves avec la teigne dans les cheveux.
    Pour les kilos de morve qui leur coule du nez quand ils ont un rhume et qu’ils se mouchent brutalement sur tes vêtements, tes cheveux et ton visage.
    Pour les abcès qu’ils font lors de la gourme ou d’une blessure, et qui coulent par litres quand ça perce ou quand on ouvre.
    Pour les taons qui nous piquent en été.
    Pour… bon ça va, ce n’est pas le meilleur moyen te remonter le moral, ok.
    J’ai cherché un moment pourtant.

  4. Je crois qu’on n’a qu’un seul cheval dans sa vie. On y est associé de manière indélébile, un binome qui fait que quand on voit Eclipse, on voit Ghislaine ; quand on pense à Circé, on pense à Marion. J’ai beau avoir la plus grande affection pour tous les quadrupèdes du club (avec un plus pour mon Gros 😉 ), Qavale prédomine et je pense qu’il n’y aura pas de succession quand elle ne sera plus.
    Je ne peux qu’essayer d’imaginer le manque qu’ils créent quand ils s’en vont mais je sais ce qu’ils auront apporté à leur propriétaire. Courage.

    1. C’est parce-qu’on est aussi poilues que nos juments que tu dis ça Steph?!
      C’est pas très très gentil… 😉

      Plus sérieusement, je croyais qu’on n’avait qu’un chien dans la vie, et pour moi, c’était Zad. Et c’était vrai. Ben pourtant il y a eu Noukia; et ça a été aussi Noukia. Après Noukia, si exceptionnelle, forcément, je crois qu’il n’y aura jamais aucun chien mieux que Noukia et Zad. Et c’est vrai.
      Jusqu’à ce que la vérité s’élargisse à nouveau un jour peut-être…

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