Guismo ou les errances digestives

Jeudi dernier, Guismo est trouvé en petite forme dans son paddock par Pascale.
Guismo est mis sous surveillance et damned, il se roule avec conviction, non pour se gratter comme à son habitude, mais pour se caler sur le dos et y rester…

C’est une situation d’urgence relative donc.
Debout, il place un postérieur derrière l’autre, comme pour étirer la ligne du ventre ou tout un côté (ou contracter la ligne du dos?). Il ne fait que courir vers ses copains poneys et se rouler, zou, calmagine sans réfléchir, manipulation d’effleurement des flancs (shia-tsu), marche forcée pour l’empêcher de se rouler et appel au véto.
Il n’a aucune contraction de la sangle abdominale, il n’a pas de fièvre et ses muqueuses sont belles.
Sa respiration est trop rapide.

M. Deroubaix nous explique qu’il a plusieurs cas en ce moment.
Les journées trop chaudes font s’abriter les équidés. Qui ressortent quand le soleil tape moins.
Sauf qu’à ce moment précis, la température chute brutalement (c’est vrai) et coupe donc la soif.
Les équidés boivent donc moins qu’ils n’auraient dû, chaque jour ainsi. Une déshydratation légère s’installe et perturbe le transit, les crottins durcissent, les intestins sont en souffrance, se contractent en vain et s’enflamment, etc.
Et zou, voilà un Guismo avec un bouchon ou une amorce de bouchon, sans doute.

On tient Guismo calme à coup sporadique de manipulations et d’injections de calmagine sur la journée et sur la nuit.
Pascale reste en surveillance rapprochée et ne le lâche pas une seconde de l’attention, tout en lui laissant le plus de liberté possible.
Il ne crotte pas. Il n’urine pas. Il ne mange pas. Ou plus exactement, si peu.
Et surtout il ne boit pas. Du tout.

Pascal Vespertini est heureusement en soins au poney club ce vendredi.
Il le manipule par deux fois (en urgence le matin puis en fin de matinée).
Guismo est rapidement soulagé, il urine, boit un peu, fait des crottins, etc. Il reprend le cours de sa vie.

On reste la nuit avec lui.
Et jusqu’à mardi matin, il en sera ainsi.
Guismo s’est redégradé dans la soirée de samedi. Transit ralenti ou exagéré, appétit diminué par quatre (on sait, comme on lui met un poney de compagnie, on voit très bien le temps passé au foin par chacun sur toute une nuit!), et la boisson, ce n’est pas encore ça.

Le véto nous dit que c’est comme une sorte de course contre la montre.
Les intestins ont souffert donc se recontractent exagérément à la moindre occasion. L’idée c’est de faire une injection de calmagine et une prise orale de paraffine afin d’empêcher la douleur, et de faire glisser les aliments sans risquer de blesser cette muqueuse encore enflammée, avant que le fonctionnement intestinal ne se redégrade.

Mais Guismo est tout sauf coopératif pour les injections. Il prend sans trop rechigner la paraffine. Nous passons du temps à faire ces soins, plus les manipulations shia-tsu.
J’ai le sentiment qu’avec la fatigue je suis moins prompte à décider s’il faut ou pas intervenir. Que je commence à avoir un train de retard. Pascale est là, heureusement, mais n’empêche, la dégradation gagne du terrain. A chaque manipulation, le transit redémarre pour quelques heures, l’appétit et l’excrétion aussi. On a ajouté du son avec des EMA bien sûr, mais dans l’ensemble, pas mieux.
Cinq jours, cinq nuits. Dont seulement le vendredi après-midi et le samedi de bons.
Chaque nuit (sauf après M. Vespertini), vers trois-quatre heures, il nécessite au moins une manipulation des flancs, et bien souvent une calmagine.

Il est temps de lâcher prise et passer la main, rien de bon à l’horizon!
Il vaut mieux réagir avant que ça ne devienne incontrôlable… Pour le moment, Guismo est en très bel état, il a bel oeil entre deux repos, il calcule comment s’échapper, il mange un peu et boit pas mal, son transit est moyen mais sans plus. Ai-je envie de jouer encore jusqu’à ce que ça passe seul ou que ça casse? non-non-non…

Direction La Ferme de Saint Ygnan, pour recevoir les soins suivis de Patrick Chêne. Un sacrum et d’autres choses en vrac. Je quitte là le magnifique poney, non sans avoir fait le tour du propriétaire:

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2 pensées à propos de “Guismo ou les errances digestives

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